Le facteur de forme de la carte SIM dans les applications M2M est au coeur des discussions des organismes de normalisation.
Tous les acteurs du marché M2M, opérateur et équipementiers compris, ont leur avis sur la question: SIM soudée ou amovible?
Pour comprendre l'enjeu de cette problématique, revenons aux postulats techniques qui ont amenés à remettre en cause le format actuel. D'un point de vue technique, la SIM amovible présente quatres limitations majeures:
- la tenue mécanique,
- la plage de température de fonctionnement,
- le nombre de cycle d'écriture maximal autorisé et
- la logistique lors de l'installation.
Concernant la tenue mécanique, le choix du tiroir de fixation est primordial lors de la conception. La pièce étant amovible, elle est soumise à des contraintes fortes qui peuvent perturber la continuité des contacts. C’est le cas par exemple pour des applications ferroviaires, avec des régimes vibratoires élevés.
La SIM actuelle est généralement prévue pour fonctionner entre -10°C et +55°C. Cette plage de température est largement suffisante pour un usage de téléphonie mobile, mais ne répond pas aux besoins de certaines applications M2M. En fait, la température en plein soleil sous un tableau de bord peut dépasser les 65°C. De même, des trackers GPS installés sur des wagons isolés dans le nord de la Finlande subissent des températures très largement inférieures à -10°C.
La durée de vie réelle de la SIM est directement liée au nombre de cycle d'écriture sur sa mémoire flash interne. Sur une SIM classique, la durée de vie est garantie sur 18 mois, durée incompatible avec la majorité des applications M2M.
Un cycle d'écriture est entre autre déclenché à chaque changement de cellule, ce qui en mode de mobilité représente un parcours de 5 kilomètres. Le nombre d'écriture de la SIM étant limité à 100000, cela représente environ 500000 Kms. Cette valeur représente par exemple un parcours annuel typique pour un TGV.
Enfin, la manutention pour l’installation et la configuration de la SIM lors de la fabrication du device nuit à la capacité de production massive. Cela a cependant l’avantage de choisir l’opérateur télécom au dernier moment.
Pour répondre à ces problématiques, les constructeurs ont imaginé de nouveaux facteurs de forme. Nous avons par exemple, la SIM composant on « SIM on chip », qui se présente comme un composant à souder lors de la fabrication du device. Ses avantages sont nombreux : garantie de 10 ans ou 800000 cycles d’écriture, gamme de température étendue, pas de montage manuel…
Cependant, le choix de l’opérateur doit se faire au plus tôt, c'est-à-dire sur la chaîne de fabrication, car il n’y a pas aujourd’hui de possibilité de changer d’opérateur après coup. Cette opération, la post-allocation, est très mal perçue des opérateurs qui mettent en avant des problèmes de sécurité, mais surtout la non maîtrise de la vie du composant. Or, en France, l’opérateur est propriétaire de la SIM.
Cette contrainte impose de fabriquer le device communicant dans le contexte du projet final, en connaissant l’opérateur à l’avance, et empêche la réalisation de device générique, adapté lors de l’installation.
De plus, la carte SIM doit être testée et validée sur banc de tests lors de la production, et il peut se passer un certain temps entre la sortie d’usine et l’installation (jusqu’à 6 mois). La gestion de l’abonnement passe par une suspension temporaire, ce qui alourdit le processus de gestion opérateur.
Ces aspects négatifs sont cependant contrebalancés par la possibilité d’avoir un contrat SIM valable pour la durée de la vie du device (jusqu’à 10 ans).
Enfin certains opérateurs prônent une SIM au format soudé mais sur une sorte de tiroir (socket), qui combine les avantages en terme de durée de vie et de gestion de du contrat opérateur. La tenue mécanique est cependant moindre.
Comme on le voit, il n’y a pas de solution miracle. Le choix de la SIM On Chip n’est pas à ce jour un choix économique. Cette solution est implémentée dans des contextes environnementaux difficiles (transport ferroviaire, mesures climatiques…), sur des projets à volume (plusieurs milliers), et lorsque l’opérateur unique est choisi à l’avance. La SIM classique a encore de beau jour devant elle…